Née en 1962 en France, j’ai poursuivi des études d’Arts Plastiques (Université Saint Charles) à Paris.
J’y ai  soutenu en 1987 une maîtrise d’Arts Plastiques et Science de l'Art.
Ma pratique artistique débute par la photographie. Les sujets présentés sont le plus souvent exempts
de traces humaines, davantage axés sur les natures  mortes, les objets, les matériaux en ruine :
sujets à l’apparence désincarnée, compositions  épurées à la limite du non-figuratif.


Bientôt, j’ éprouve le besoin d’agir sur ces  éléments, ces matières. Le hasard va attirer mon attention
sur un premier matériau dérisoire et à vocation utilitaire : le carton ondulé.
j’ai entrepris de le manipuler de diverses manières (collages, empreintes, moulages…). Mais son emploi exhaustif devint quasiment obsessionnel. De source d’inspiration, ce  matériau me conduisit progressivement vers une impasse. 

L’occasion de m’en échapper m’ est offerte lors de ma participation au Salon National de Chinon ayant pour thème « François RABELAIS ».Cette plongée vers le passé me contraint à adapter ma palette picturale : de nouvelles couleurs plus sombres,terreuses, s’insinuent dans mes nouvelles compositions. Pour la première fois, j’ y intègre des objets réels. Simultanément, la visite du Centre d’Art Contemporain du château de Oiron va définitivement  ancrer en moi l’envie de faire se côtoyer le passé et le présent. Le chemin était tout tracé…


Vieux morceaux de bois, objets de métaux rouillés, papiers usagés… sont dès lors collectés, cueillis ça et là. Patinés par
le temps, ils sont chargés d’histoires, des histoires dont bien souvent je ne sais rien. Ce sont des débris  délaissés, objets surannés marqués par le temps, que je tente de sauver de la destruction ou de l’oubli. Ma mission est de provoquer des rencontres, de les associer dans une toute dernière mise en scène, de les plonger dans un espace, l’espace pictural, auquel ils sont totalement étrangers. Inventer de nouvelles histoires, prendre le temps de les raconter, et, en choisissant bien les interprètes, varier la distribution pour les mettre en œuvres. Rien de plus. 
Les objets changent de registre de jeu. Une nouvelle vie s’offre à eux. Ils y perdent leur identité, peut-être, mais y trouvent en échange une nouvelle destinée. Les objets, en effet, me sollicitent et se juxtaposent intuitivement sous mes yeux. L’œuvre achevée, le passé et le présent se confondent dans une douce ambiance temporelle.


Éveiller le regard des gens afin qu’ils se reconnectent à leur dimension émotionnelle face aux choses ordinaires de leur quotidien qu’ils ont peut-être négligé ou jeté. Faire écho au plus profond de chacun de nous.
Esquisser une passerelle entre la mémoire collective et la mémoire individuelle.
Souvenirs fabriqués, impressions fugitives, artificielles...
Telle est ma vocation...

                                                                                                                                                                                   
                                                                                                                                             Valérie  GUILBERT